Nadia Myre: choc culturel

MARIO CLOUTIER

Artiste en résidence au musée McCord, Nadia Myre effectue à rebours le chemin menant à l'identité culturelle. Avec des résultats surprenants.

Pour sa résidence au musée McCord, Nadia Myre s'est donné beaucoup de peine. Créer des objets artisanaux d'inspiration autochtone à partir de vagues indications provenant d'une autre époque.

L'artiste aux racines algonquines s'est inspirée de publications de l'ère victorienne démontrant un goût pour les objets «exotiques» autochtones. À partir de la description orale des patrons publiés dans des revues, sans connaître la nature des objets, elle en a fabriqué de nouveaux qui ressemblent, peu ou prou, aux artefacts originaux.

Avec cette démarche, Nadia Myre déconstruit le regard posé par une société blanche et bourgeoise sur le patrimoine culturel autochtone. Déjà rompue à la technique du tressage, l'artiste a dû apprendre carrément de nouvelles façons de faire pour reproduire des objets dont elle ignorait même le nom. 

Que les résultats se rapprochent ou non des objets originaux importe peu, la lauréate du prix Sobey 2014 pose les questions de l'appropriation, de l'ethnocentrisme et de l'identité. À l'envers, en quelque sorte, d'une attitude coloniale. Du bas vers le haut, du geste et de l'objet vers la réalisation.

Une vidéo fort pertinente montre les mains de l'artiste au travail. Essais, erreurs, 100 fois sur le métier... Nadia Myre part de ses propres connaissances et habiletés pour, d'abord, retrouver les gestes et, ensuite, recréer un nouvel imaginaire artisanal.

Ce processus renvoie aux préjugés des uns et des autres envers ce qu'est «l'autre». Comme si l'artiste remontait le temps vers une authenticité qui ne serait ni celle des Blancs, ni celles des membres des Premières Nations de l'époque, mais la sienne propre.

Un entre-deux qui porte une simplicité et une vérité bien à elle. Elle crée des objets qui font penser à un art premier, dans le sens de naïf, mais aussi d'original. Il y a quelque chose de très personnel dans ce projet à l'aveugle, dans cette façon d'exprimer et d'assumer la mixité, d'être Nadia Myre.

Source: http://www.lapresse.ca/arts/arts-visuels/2...

IDENTITÉ ET HISTOIRE : LA RÉAPPROPRIATION SELON NADIA MYRE

Depuis le 18 février dernier est présenté, au Musée McCord, le résultat d’une résidence de l’artiste Nadia Myre. Decolonial Gestures or Doing it Wrong? Refaire le chemin est une installation[i]portant sur l’appropriation de symboles autochtones par la population occidentale au XIXe siècle et leur réappropriation contemporaine par l’artiste. J’ai eu l’occasion de visiter l’exposition avec Guislaine Lemay, conservatrice des volets ethnologie et archéologie du musée. Compte-rendu de cette visite enrichissante.

 

Le Musée McCord : coffre-fort historique et facilitateur de créations nouvelles
Le programme Artiste en résidence invite des artistes contemporains à s’inspirer des collections historiques du Musée pour créer de nouvelles œuvres. C’est à partir de la collection d’objets ethnologiques et archéologiques des peuples autochtones, forte de plus de 16 400 objets, que Nadia Myre a formulé sa réflexion, grâce à un riche travail de collaboration avec les conservateurs du Musée.

Le fait de confronter les collections du Musée à de nouvelles œuvres créées de A à Z porte à se questionner sur le rôle de l’institution à travers l’histoire. Dans ce cas-ci, où on s’intéresse à des artefacts de peuples autochtones et à la représentation de ceux-ci par les Blancs, une critique sur la décontextualisation causée par le musée survient : comme l’artiste le soulève dans un cartel, ces artefacts ont forcément été « retirés de leurs communautés [ii] » une fois collectionnés.

Réappropriation
Pour réaliser ses quatre œuvres, l’artiste algonquine s’est basée sur des livres de demoiselles. Ces ouvrages, destinés aux bourgeoises blanches, regorgent de recettes, partitions musicales, images de mode, etc. On y retrouve aussi des patrons pour la fabrication d’objets décoratifs, dont beaucoup sont inspirés de la culture autochtone et des techniques d’artisanat lui étant propres. Déjà à l’époque, les auteurs de ces patrons n’hésitaient pas à s’approprier des objets d’une autre culture pour les adapter au goût occidental de l’exotisme, si populaire en cette fin du XIXe siècle.

Fait intéressant, Mme Lemay me disait soupçonner que les femmes autochtones avaient accès à ces livres via des missionnaires, entre autres. Il semble donc que ces femmes elles-mêmes fabriquaient ces objets modifiés aux goûts bourgeois, simplement pour les vendre.

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OF MONTREAL: Montreal exhibit examines complex heritage of indigenous artifacts

McCord Museum's Wearing Our Identity exhibit strives to help the visitor project the artifacts back into the societies in which they were created 

In Of Montreal, Robert Everett-Green writes weekly about the people, places and events that make Montreal a distinctive cultural capital.

The McCord Museum in Montreal has one of the largest and most important collections of indigenous artifacts in Canada. The museum is justly proud of this, though it's an uneasy kind of distinction. Museums have always played a big role in storing and validating the booty of colonialism. The mere act of putting something in a display case cuts it off from the social context that gave it meaning.

The McCord's new permanent display of its First People's Collection is steeped in awareness of the problem. It's called Wearing Our Identity, and it strives at every step to help the visitor project the artifacts back into the societies in which they were created. Even the reference to "our identity" gestures toward yielding to the perspective of those who no longer own the items on view.

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Algonquin artist Nadia Myre recovers Indigenous identity

MARTIN SIBEROK

In the middle of the darkened exhibition space is a large horizontal video screen two feet above the ground. Standing over it, you watch two pairs of hands – one on either side of the screen – diligently working away on handicrafts.

These hands are busy measuring material, outlining shapes, sketching images, folding cloth, cutting leather and stringing beads. It is only when you walk around the room that you realize the hands belong to Algonquin artist Nadia Myre, the driving force behind this multidisciplinary show.

It is then that you see the creations of Myre’s adept handiwork placed behind the glass of the display cases alongside traditional artifacts made in the 19th century by various members of other First Nations communities – including Haudenosaunee, Mi’kmaq and Coast Salish.

Myre’s latest artistic endeavour is titled Decolonial Gestures or Doing it Wrong? Refaire le chemin. It opened February 18 at the McCord Museum, where she is the artist-in-residence. The exhibit is her final project that summarizes the research and work she’s been doing for the past year at the museum.

Sifting through the museum’s large collection of First Nations artifacts, Myre uses a mix of objects, photographs, books and paintings to shed light on traditional Aboriginal crafts.

A member of the Kitigan Zibi Anishinabeg First Nation – located next to Maniwaki – Myre uses her show to illustrate how she is engaged in recovering a Native identity.

Set up in front of the display cases are headphone boxes that allow you to hear the instructions Myre followed in making her four original pieces – a pair of moccasins, a bag, a hair-receiver and a basket. What you quickly realize is that her contemporary pieces are not out of place positioned next to artifacts made 100 or 150 years ago. The attention to detail and purpose is evident. The new pieces serve as a reminder that the traditional process continues.

Myre’s black-and-red shoulder bag with dangling yellow-and-white braids and nine white feathers delicately stitched on the flap is a something a young Native woman in the 18th or 19th century could easily have made.

Myre’s objective is to underline the idea that with colonization came a devaluing of traditional artifacts. This is stated in one of the explanatory texts: “Museums function as active agents in the process of decontextualization; many artifacts from the First Nations collection have lost their cultural function as a result of ‘being collected’ and removed from their communities, and, in turn, many communities have lost the cultural knowledge of these objects.

“The production of these re-imagined pieces epitomizes personal learning, re-skilling, as well as a system of knowledge transmission. Their creation allows me to restore the cognitive processes that have been the backbone of Native cultures; in revitalizing a material practice, I am performing a decolonial gesture and forging a cultural identity.”

Victorian inspiration

Myre discovered that women in Victorian society had a fascination for Indigenous artwork. Many women’s periodicals of the time featured articles instructing their readers how to produce bead- and needlework items.

These periodicals provided a window to the world and faraway places and peoples. Exoticism was in vogue and the readers wanting to enjoy fascination could follow the detailed instructions the publication provided and create colourful and exotic pieces.

Source: http://www.nationnews.ca/recovering-identi...

Éloquents défauts de fabrication

 Marie-Ève Charron

L’artiste Nadia Myre à la recherche d’un héritage autochtone dans les collections du Musée McCord

Les collections du Musée McCord étaient, semble-t-il, toutes désignées pour Nadia Myre, quatrième artiste à se prévaloir du programme « Artiste en résidence ». Son exposition en cours confirme la pertinence d’un tel programme et poursuit la voie fructueusement ouverte par les artistes Marie-Claude Bouthillier (2012), Kent Monkman (2014) et Frédéric Lavoie (2014) qui, comme elle, ont été invités à créer à partir des artefacts possédés et conservés par l’institution de la rue Sherbrooke.

Par le détour de périodiques féminins de l’époque victorienne, au XIXe siècle, Nadia Myre s’est intéressée aux instructions données au lectorat pour réaliser des objets d’inspiration autochtone, tels des mocassins et des paniers. Les publications de la sorte étaient nombreuses ainsi à conforter l’engouement de la classe bourgeoise pour l’exotisme culturel des Premiers Peuples.

Le mérite du projet de l’artiste est de reposer sur un processus qui souligne l’écart produit entre ces modes d’emploi et les objets autochtones pris pour modèle, lesquels, au demeurant, se faisaient connaître par l’imagination et sous la forme d’interprétations répétées. Les objets passaient d’utiles à décoratifs, afin d’agrémenter les intérieurs domestiques de propriétaires pour qui ces nouveautés faisaient bien paraître. Certains objets semblent même avoir été surtout inventés, comme ce curieux support mural à raquettes en soie rouge que l’artiste s’est avec étonnement vue fabriquer.

 

Processus

 Parce que dans son travail Nadia Myre revendique ses origines métisse, algonquine et canadienne-française, et qu’elle réfléchit à la dimension culturellement construite de l’« Indien » (Idian Act, 2000-2003), elle a volontairement pris dans ce projet la place des femmes victoriennes en exécutant le patron de quatre objets. Par contre, elle n’a jamais consulté ces patrons ; elle a demandé qu’on lui en fasse lalecture et que jamais ne soit mentionné de quoi il s’agit. C’est à l’aveugle, pour ainsi dire, qu’elle s’est lancée dans des travaux à l’aiguille, de broderie, de couture et de perlage, dont le résultat est exposé avec les enregistrements audio qui les ont guidés.

Les objets trahissent l’effort et la maladresse liés au travail effectué par essais et erreurs. On reconnaît l’habileté de l’artiste pour le perlage, technique souvent employée dans ses oeuvres antérieures, et même aussi pour la broderie, mais la forme des objets est plutôt grossière : la bandoulière de la sacoche, par exemple, s’étire trop longuement. Ces « défauts » sont les bienvenus pour témoigner d’un savoir-faire difficile à retrouver dans une posture que l’artiste tente de faire sienne. Elle s’inscrit en porte à faux, entre la place de ces femmes pour qui les instructions étaient écrites et celle des autochtones. La dynamique permet de reconsidérer les termes d’un rapport colonialiste entre les deux cultures.

Une vidéo tournée en plongée cadrée serrée sur les mains de l’artiste nous la montre en action, en train de faire les objets à tâtons. Un peu comme un tutoriel légèrement parodique, le film et les instructions lues soulignent l’importance de la tradition orale dans la transmission d’un savoir-faire, et, par conséquent, de la vulnérabilité de cette culture ainsi davantage exposée à la disparition. Comment renouer avec cet héritage autochtone et le garder vivant à partir de ce qu’il en reste ici, soit les visions fantasmées par les Blancs et les objets qui, bien que collectionnés, sont désormais coupés de leur contexte d’émergence ? Il y a une impossibilité implicite qui force la réinvention affirmative de l’identité autochtone, trait spécifique de la démarche de l’artiste, lauréate en 2014 du prix Sobey.

Le double phénomène de décontextualisation (victorienne et muséale) est souligné dans tout le processus de l’artiste qui, notamment, plonge les gestes et les objets sur fond noir, jusque dans la photographie numérique du panier et des mocassins faits de son cru. L’image retouchée, avec le même soin méticuleux que pour le perlage, magnifie les objets et les cristallise dans une aura singulière qui mime le travail de muséification.

L’exposition n’en reste pas là. Avec des exemples de ces fameux magazines féminins (The Young Ladies’ JournalThe Ladies’ Guide to Needle WorkEmbroidery, etc.), d’artefacts autochtones et de photographies puisées dans les collections, l’accrochage dévoile sous des formes multiples les décalages, les résistances et les intégrations à l’oeuvre entre les cultures pour qui les échanges étaient aussi commerciaux. Le contexte de cette rencontre avec l’autre, l’autochtone, nourrissait également l’idéal féminin victorien associé à la domesticité et aux délicats travaux de broderie. Cet aspect n’a pas échappé à Nadia Myre qui, fort heureusement, refuse d’entretenir une vision binaire des choses pour en préférer une plus complexe. Il faut le croire aussi dans le choix du titre dont le bilinguisme asymétrique rend compte d’une équation impossible soulignant plutôt les différences.

Source: http://www.ledevoir.com/culture/arts-visue...

NADIA MYRE in CANADIAN ART

One and Many: The Art of Nadia Myre

by Emily Falvey

 

A scar is a paradox. An index of survival, it also marks the site of an indelible trauma. At once an emblem of violence and healing, fragility and strength, it says a lot while also saying very little. It may even be invisible, ghosting the psyche with its contradictions, at once a bottomless pit and a potential wellspring of action.   

In many ways, the work of Montreal artist Nadia Myre, member of the Kitigan Zibi Anishinabeg First Nation (Maniwaki), seeks to balance this paradox, to draw out its ambiguities⎯its valences of failure and resilience, loss and recovery⎯and distil them into a poetic idiom at once personal and universal. And while this process is ultimately about healing, it is not necessarily about reconciliation, at least not inasmuch as this might imply forgetting the past. Myre’s work does not seek to solve the paradox of the scar, but rather to bring it forward in ways that allow its history to inform the future...

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Canadian Art’s Picks from the Papier15 Preview

AMY LUO AND CAOIMHE MORGAN-FEIR, Canadian Art Online April 24, 2015

Nadia Myre at Art Mûr’s Booth

Art Mûr’s display included two exceptional prints from 2014 Sobey Art Award winner Nadia Myre. From her Orison series, the pieces are large and, from afar, look like spazzy white scratches on a black background. They’re visually appealing, especially if one is inclined to a minimalist aesthetic, but the underlying process is quite complex. The photographic prints derive from the backside of Myre’s earlier beaded Indian Act works, so the white marks index the beader’s stitches on the document pages. It’s nice to see an artist’s work in a more ephemeral and commercial medium relate so eloquently to their broader practice and concerns.

Why we love the art we love: Novelist Joseph Boyden on our pursuit of beautiful things

For this series, you’ve chosen to highlight First Nations artist Nadia Myre, who’ll be featured on the site of our partners on this project, Wondereur. Do you know her? Why do you like her work?

I don’t know her personally at all. I’ve never met her; I sure hope to. I totally admire Nadia, and I love her work. I think it’s eye-opening and it flips traditional native art on its head and makes a political statement, makes a social statement, all while being aesthetically gorgeous. She tears apart the stereotypes and clichés that people associate with native art then stitches them back together in a spellbinding way. I think that Nadia – like artists such as Maria Hupfield and Duane Linklater and Kent Monkmanand so many others – she’s changing the discourse. She’s reclaiming the discourse. The discussion for a long time has been what has been taken away from the First Nations of our country these last couple of centuries. As it should be. But the conversation I hear bubbling up, this talk of what’s been found, what’s never been lost, this most excites me. When you create something and put it into the world, it’s about giving up the ownership of it while at the same time understanding that in this loss, you just might change perception, even help guide the conversation. And I think that this is what Nadia Myre is doing.

The Globe and Mail. Published Saturday, Feb. 28 2015, 8:00 AM EST

4 Questions for Sobey Winner Nadia Myre, Canadian Art

On November 19, in front of a packed audience at the Winnipeg Art Gallery, Montreal-based artist Nadia Myre was named the winner of the 2014 Sobey Art Award. It was the culmination of a whirlwind month for Myre that saw her jetting from the opening of a solo exhibition at Oboro in Montreal (which closes on December 13) to a two-week production residency and exhibition in Senegal and then directly to Winnipeg for the installation of The Scar Project (2005–13), her award-winning contribution to the Sobey exhibition at the WAG (which is on view until January 25). It’s a schedule that suggests the hectic pace of a contemporary artist in demand. But as I found in spending time with Myre in Winnipeg, she remains refreshingly down to earth and focused on a practice that puts the critical power of art in the hands of everyday collective engagement.

Now back in Montreal and with a bit of time to let the excitement of the past few weeks sink in, Myre has taken time out to answer some questions by email. Here, she discusses the end of The Scar Project, the legacy of an 18th-century Montreal slave that has made its way to Senegal, and the importance of keeping open ears and open minds.

Bryne McLaughlin: The Scar Project was a huge, even monumental, endeavour with contributions by more than 1,400 people from Canada, the United States and Australia gathered over eight years. I’m wondering what, for you, are the key points of consideration that surface in the work, particularly in the installation that is part of the Sobey award exhibition in Winnipeg?

Nadia Myre: The key points that surface with this project are our collective experience of the scar as personal and universal symbol. Each scar canvas and its accompanying story is unique and tells an individual narrative, yet bringing them together in an installation serves to highlight common threads of experience—hurt, healing and forgiveness.

As an artist I seek to draw out associations between these stories and the marks that represent them by arranging the canvases formally and conceptually. Even the barest, faintest, almost invisible marks, juxtaposed against the complete destruction of the canvas and its repair, are gestures that stand in for words. As the arrangement is both about the global and the individual and is recreated in each new installation, the associations I make are an ever-changing puzzle.

BM: Your Oboro show, “Orison,” which closes on December 13, marks a coda of sorts for The Scar Project. The multi-media installation, as you write in the exhibition text, is a “personal response to having carried The Scar Project—and its heartrending stories—for the last nine years.” Can you say a bit about the specific approach you took with “Orison,” particularly why you felt it was important to incorporate sound and image with sculptural elements? Is there resolution in the results?

NM: Sound is a crucial element in this work, and is increasingly becoming an important part of my practice.

I have been working through the symbols in The Scar Project for a long time. For instance, with the series Scarscapes I beaded the most recurring symbols found in The Scar Project‘s canvasses, creating digital photography from those beaded works. Now, I am working with narratives. The introduction of sound in “Orison” lets the stories from The Scar Project exist in a new way. Combining the voices in a five-channel soundscape allowed me to give the stories movement through editing and spatial placement, enticing the viewer to move through the installation. We hear vibrato in the voice that trembles, silence in the voice that pauses on the telling of difficult things, and I believe that resonates with the listener.

BM: You came straight to Winnipeg for the Sobey announcement from installing a new site-specific work for the exhibition “Formes et Paroles,” on Gorée Island in Senegal as part of the 15th Summit of La Francophonie. The work you presented there was based on the story of an 18th-century black slave in Montreal, known as Marie-Joseph Angélique, who was wrongly (or not; the historical debate has it both ways) accused and convicted of setting a fire that burned down a large part of the city in April 1734. What initially drew you to this story and in what ways did that story and the work you created from it in Senegal—on view until March 2015—relate to the context of Gorée Island?

NM: Gorée Island is known for the “Door of No Return,” a memorial at the gateway to the Atlantic slave trade. As the only artist from the Americas invited to participate in this exhibition, I wanted to explore Montreal’s slave history and share it with the people of Gorée, metaphorically bringing a story “from the New World” home. In my research I was surprised to realize how many slaves there were in New France—Native American, African and indentured Europeans…. I don’t remember learning about it in school.

In this work I am addressing the question of resistance that Marie-Joseph Angélique in Montreal shares with Gorée Island. Even though Marie-Joseph is a particular woman, in a particular city, the story resonates globally. Stories of resistance tend to elicit more stories of resistance.

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Nadia Myre: The Scar Project

In 2005 Nadia Myre began a long-term exploration of how people describe their pain, hurt, healing, and scars with a needle and thread, and paper and pen. What emerged was The Scar Project, a viewer participatory open-lab/installation/exhibition where individuals could sit and ‘sew their wounds’, literal or metaphorical, on one of the canvases provided, and recount whether or not their scars could heal. This work, which consists of close to 500 scarred and sewn canvases and accompanying stories, documents a multitude of voices from all walks of life and age ranges.

 

Like The Scar Project, this book is a work progress. It is a first attempt to reconcile some of the scars to their stories. The works presented in this collection are as they appear at the George Gustav Heye Center National Museum of American Indian exhibition HIDE: SKIN AS MATERIAL AND METAPHOR.

This publication includes an introductory essay by Amanda J. Graham, and was designed by Rosemary Arroyave.

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Nadia Myre gagne le prix Sobey

MARIO CLOUTIER

L'artiste visuelle montréalaise Nadia Myre a remporté le prix Sobey 2014, doté d'une bourse de 50 000 $.

Il s'agit du plus important prix en arts visuels au Canada remis chaque année à un artiste de moins de 40 ans.

Nadia Myre l'a emporté devant Evan Lee, Chris Curreri, Graeme Patterson et le duo Neil Farber and Michael Dumontier, qui représentaient les autres régions du Canada.

L'artiste québécoise d'origine algonquine a finalement vu son oeuvre monumentale The Scar Project récompensée, elle qui a fait partie des finalistes au cours des cinq dernières années.

C'est la cinquième fois qu'un artiste du Québec, après David Altmejd et Michel de Broin, notamment, reçoit le Sobey parmi les 11 lauréats du prix créé en 2002.

Source: http://www.lapresse.ca/arts/arts-visuels/2...

Nadia Myre reçoit le prix Sobey, Le Devoir

Jérôme Delgado

http://www.ledevoir.com/culture/arts-visuels/424407/arts-visuels-nadia-myre-recoit-le-prix-sobey

La tradition d’honorer l’art québécois par le prix Sobey se poursuit cette année. Lors d’une cérémonie tenue mercredi en soirée à la Winnipeg Art Gallery, le jury a annoncé avoir choisi Nadia Myre comme lauréate 2014 de la prestigieuse récompense. L’artiste native de Montréal, d’origine algonquine, est la cinquième finaliste du Québec à repartir avec la bourse de 50 000 $. Aucune autre région n’a été hissée plus de deux fois en haut du palmarès depuis la création de ce prix en 2002, destiné à un Canadien de moins de 40 ans.

Fait à noter, le Sobey échoit pour une deuxième année consécutive à un artiste issu des grandes familles autochtones. Nadia Myre est d’ailleurs la quatrième dans cette catégorie. L’an dernier, c’est l’Ontarien Duane Linklater qui avait reçu les grands honneurs, alors que Brian Jungen et Annie Pootoogook avaient été primés en 2002 et en 2006.

Myre a été choisie parmi quatre autres artistes : Evan Lee, représentant de la côte ouest et du Yukon, Neil Farber et Michael Dumontier (Prairies et Nord), Chris Curreri (Ontario) et Graeme Patterson (Atlantique). Chaque finaliste part tout de même avec un chèque de 10 000 $.

 Active depuis une quinzaine d’années, Nadia Myre s’est fait un nom avec un travail en perles, intitulé Indian Act (2000-2003), projet monumental par ce qu’il a exigé comme temps d’exécution et par sa portée politique. Les couleurs politisées de son art ne se sont jamais démenties. C’est du moins ce que montre une exposition en cours au centre Oboro, à Montréal, d’où ressortent « les processus de remémoration et de guérison », comme le soulignait la collègue Marie-Ève Charron dans LeDevoir du 15 novembre dernier.

 Selon le communiqué de presse publié par la Fondation Sobey et le Musée des beaux-arts de la Nouvelle-Écosse, l’institution derrière ce prix, le jury a voulu souligner le caractère unique du vocabulaire de la lauréate, qui « pratique un travail de tradition artisanale dans un contexte contemporain et multidisciplinaire »« Ses oeuvres symbolisent la blessure et la résilience, y lit-on, et évoquent quelque chose de profondément humain, portée par d’alarmantes préoccupations sociales. »

 Le jury était composé, comme la tradition le veut, par un panel de cinq personnalités bien en vue chacune dans sa région. Le Québec était représenté par Marie-Ève Beaupré, tout juste nommée conservatrice de l’art québécois et canadien contemporain au Musée des beaux-arts de Montréal.

 Une exposition des oeuvres des cinq finalistes est à l’affiche du musée de Winnipeg jusqu’en janvier.

Source: http://www.ledevoir.com/culture/arts-visue...

Crypter l'intime et l'afficher. Le Soleil

JOSIANNE DESLOGES 

(Québec) En ces jours de course électorale où l'espace public est saturé de pancartes et de slogans tapageurs, un tout autre type de bannière, poétique celui-là, a été affiché à l'arrière du Théâtre de la Bordée. Il s'agit d'une oeuvre de Nadia Myre et de Karen Elaine Spencer, inspirée de la pièce Frozen, présentée ces jours-ci de l'autre côté du mur.

La grille de formes bleues et blanches s'appelle Frozen Blue et, en regardant plus attentivement, on peut y discerner des lettres, des mots. Après avoir lu le texte dramatique, Myre et Spencer ont échangé sur les caractères des personnages qui se transforment, qui passent du vrai au faux, et sur cette idée d'être frigorifié à l'intérieur. De leur discussion est né le poème caché dans la bannière.

En cryptant son message, Spencer essaie de déplacer le regard du spectateur dans la marge des choses, explique Nadia Myre. «Nous faisons un peu la même chose. Cacher des mots. Dire et ne pas dire, être difficiles à lire.»

L'artiste algonquine a numérisé le travail graphique de sa collègue, comme elle le fait avec ses propres tissages de perles. «Ça rend l'image plus matérielle, on dirait», note celle dont on peut voir Meditations in Red dans l'exposition sur les autochtones C'est notre histoire au Musée de la civilisation. Elle est présentement au Mexique pour réaliser un projet de Land Art avec Sonia Robertson et Sophie Kurtness au festival Cumbre Tajin, qui s'articule autour de l'identité autochtone.

Il s'agit du premier projet d'art public pour la Galerie des arts visuels (GAV) de l'Université Laval, qui a eu un appui financier du cycliste, artiste et homme d'affaires Louis Garneau. «Nous voulions montrer que nous étions une entité qui ne se limite pas aux quatre murs de l'espace d'exposition, mais que nous pouvions développer un échange, une réflexion sur l'art, et s'inscrire dans notre milieu», indique Lisanne Nadeau, responsable de la GAV, qui a invité Nadia Myre à poursuivre son Scar Project, une oeuvre relationnelle sur les blessures de notre inconscient collectif et les cicatrices qu'elles laissent sur chacun, cet automne.

L'oeuvre hivernale, qui sera visible jusqu'au 11 avril, affiche plutôt une réflexion intime qu'elle brandit bien haut, tel un drapeau flottant sur le quartier Saint-Roch.

 

Top 10 Art contemporain, La Presse 2014

Mario Cloutier

Nadia Myre: l'engagement

« Tout influence tout », croit Nadia Myre. Pratiquant un art de l'engagement, l'artiste montréalaise de 40 ans estime que la reconnaissance du public, des pairs ou des médias « fait vivre le milieu des arts visuels ».

Finaliste au prix Waterhouse 2013, la jeune femme prépare un projet multimédia issu de sa série Cicatrice (Scar), qui sera présenté à l'automne chez Oboro. Elle participera également à un festival de la francophonie au Sénégal. « Ça va me permettre de sortir de mon image de l'artiste amérindienne », fait-elle en riant.

Ses oeuvres ont déjà été présentées sur quatre continents.

Source: http://www.lapresse.ca/arts/arts-visuels/2...

NADIA MYRE, THE SCAR PROJECT ET BEAT NATION, ETC. no 101

Anne-Marie Bouchard

Nadia Myre, The Scar Project, présenté à la Galerie des arts visuels de l’Université Laval. 28 novembre au 21 décembre 2013.

 

C’est à la suite de son projet Indian Act, impliquant la participation de personnes de divers horizons à son processus de création, que Nadia Myre a conçu The Scar Project. Le désir d’entamer un nouveau projet participatif et relationnel, doublé d’une réflexion de l’artiste sur des blessures personnelles, a permis de définir les lignes directrices du projet : réunir des individus dans des centres d’artistes ou des soupes populaires, leur fournir un canevas de quelque 20cm par 20 cm, du fil, des aiguilles, avec comme directive d’interpréter à leur manière sur le substrat une blessure, physique ou psychologique, puis de la raconter sur papier pour documenter la production de la « cicatrice ». La présentation toute récente de The Scar Project à la Galerie des arts visuels de l’Université Laval se voulait une synthèse du projet en cours depuis 2005 et dont la production s’est achevée en avril 2013, en marge de la Commission de vérité et de réconciliation du Canada mise sur pied à la suite de la Convention de règlement relative aux pensionnats indiens.

La présentation proposée dans la vaste salle de la galerie associait un accrochage de canevas, scindé par deux projections vidéo, à un amoncèlement de « cicatrices » au centre de la pièce. La mise en exposition mettait de l’avant une certaine progression/complexification dans le développement du symbole utilisé pour matérialiser la cicatrice sur le canevas, donnant à constater tout le spectre d’expression visuelle et écrite de la blessure : de la cicatrice physique, allant de la simple coupure parfois parfaitement suturée, du stigmate à demi-cicatrisé ou encore béant (inguérissable ou trop frais?), à la figuration d’un univers mental complexe révélant une blessure psychologique ou une rumination. Plongés dans une introspection contemplative durant la conception de leur cicatrice, les participants au projet laissent la trace, nécessairement unique, d’un ensemble de perceptions et de sentiments devant s’exprimer, peut-être pour la première fois, sous une forme synthétique. Placées en début de parcours, les cicatrices plus simplement littérales, qui ne sont pas sans rappeler des Lucio Fontana reprisés, amènent petit à petit à se plonger soi-même dans une telle introspection. L’intensification subséquente des symboles, parfois plus conceptuels, parfois rendus directement lisibles par un recours frontal à la figuration et à l’écriture, contribue à nous détacher de nous-mêmes pour nous plonger dans

la blessure de l’Autre. Le dessin schématisé d’une grossesse, accompagné d’un douloureux
« sorry », des peines d’amour adolescentes, des récriminations (« why didn’t you tell me
earlier »), parfois des symboles se détachant de la sphère de l’intime pour atteindre un espace public politique, des canevas intégralement défoncés ou délicatement troués, raccommodés de manière anarchique, constituent une charge émotive considérable que l’anonymat de l’ensemble vient universaliser. L’accrochage offert à la GAVUL donne aussi l’impression de percevoir, à travers cette progression du symbole simple au plus complexe, le processus d’intériorisation des blessures au fil du vieillissement. Ce qui est au commencement une trace physique unique se multiplie puis s’associe à des blessures, invisibles celles-ci, survenant au fur et mesure d’une prise de conscience de la place du Soi au monde et des douleurs engendrées par les dynamiques relationnelles toujours plus inextricables au sein desquelles l’on se retrouve en vieillissant. Un deuxième tour de la galerie permet de recentrer son attention sur des détails qui montrent que la conceptualisation des cicatrices par les participants manifeste parfois une volonté d’esthétisation de l’expression, consciente de l’espace artistique contemporain dans lequel se joue une partie de la production et la réception du projet.

À mi-chemin du parcours de l’expo, une digression médiatique rompt la contemplation des blessures anonymes pour se concentrer sur une blessure nommée, lentement décrite, témoignage de la mère de l’artiste, arrachée à sa famille, privée de son identité puis déplacée de famille d’accueil en famille d’accueil sans avoir jamais eu la possibilité de créer des liens affectifs durables. Le témoignage suivant, de l’artiste elle-même, atteste des répercussions profondes des politiques d’assimilation des autochtones sur les générations subséquentes, victimes du mal-être de leurs parents : « that my mother was in so much pain she could never attach herself to me was a deep wound. » Cette intégration de témoignages personnels, au centre des centaines de canevas anonymes, est le fruit d’un dialogue de l’artiste avec la commissaire de l’exposition et directrice de la GAVUL, Lisanne Nadeau, et contribue très efficacement à la synthèse du projet, s’il m’est permis d’exprimer aussi pragmatiquement, pour ne pas dire trivialement, mon « appréciation » de cette initiative qui rend surtout compte d’une grande sensibilité et de beaucoup de délicatesse dans la mise en exposition d’un projet aussi complexe que profondément bouleversant.

Le projet de Myre est puissant, dans sa conception, l’artiste ayant accompagné tous les participants et recueilli toutes leurs blessures comme autant d’occasions d’ajouter à sa réflexion sur ses propres blessures, ou de s’en détacher, dans un processus de création en forme de longue méditation1. Il est également puissant dans sa finitude, cet ensemble de centaines de canevas et d’archives se révélant être un enjeu d’exposition et de médiation considérable. Myre en a tiré un livre et en proposera, fin 2014, une nouvelle forme d’exposition médiatique immersive, point culminant d’une résidence à Oboro, sur laquelle je reviendrai assurément.

 

Chloë Charce, « Entre spirituel et politique, Nadia Myre balise son territoire », ETC, n° 96, 2012, p. 25-29.

THE TRULY MADE THINGS OF NADIA MYRE, Exhibition Essay, McLaren Art Centre

Colette Tougas

 

I believe very deeply that works of art, or let’s say things in the world, not just works of art, can be truly made. If they are truly made, in the sense of possessing themselves, then they are beautiful... The idea of the truly made does not only have to do with truth. It has to do with the meeting of material and non-material... [A] thing exists in the world because it has mythological, psychological and philosophical coherence. That is when a thing is truly made... 

—Homi K. Bhabha1

 

I remember hearing, several years ago, the American writer Spalding Gray in a radio interview during a literary festival somewhere in the United States. Gray mentioned having met Susan Sontag on that occasion and retold a conversation they had. She said that she always wrote from the same feeling and she was convinced that this was true of all writers. In her case it was from a feeling of loss and in Gray’s, if my memory serves me right, it was from anger.

I believe it is possible to apply this conception of a writer’s motivation to artists of all disciplines. However elusive it is, this basis in one’s own genesis gives a work its truly made feel or its soundness, if you will.

Nadia Myre has written that it is through the experience of claiming her mother’s and her own Native Status in 1997 that the exploration of her identity as a native woman took precedence in her work. She also noted that, as colonized peoples, the First Nations share a common experience of suffering and shame that she, as an artist, manifests and deconstructs in participatory works where she uses and explores her ancestors’ traditions. One could argue that this is the backdrop against which Myre designs and builds very contemporary manifestations of her primary concerns. ...

C'est notre histoire au Musée de la civilisation: en territories ami, Le Soleil

Québec) La nouvelle exposition permanente sur les autochtones du Musée de la civilisation (MCQ) métisse ethnologie, histoire et création artistique actuelle. Conçue de concert avec les 11 Premières Nations, C'est notre histoire, Premières Nations et Inuit du XXIe siècle nous amène sur des sentiers sensibles qui séduisent nos yeux autant qu'ils étoffent nos connaissances.

Des oeuvres d'art actuel

Partout, des oeuvres contemporaines créées par des artistes amérindiens ou inuits tissent des liens entre art et artefacts, entre mémoire et création. France Trépanier signe Cartographie imaginée, fait de résine, de cire d'abeille et d'objets collectés. Nadia Myre réfléchit sur l'identité liée au sang avec Meditations on Red 1, 2 et 3, trois impressions numériques circulaires où des perles blanches et rouges s'entrelacent comme des globules.

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Montréal au Fresnoy : l’image qui rode… Le Monde

Lunettes Rouges

 

Du Canada contemporain, on connaît ici d'abord Vancouver, Jeff Wall et ses amis, et puis, un peu Winnipeg, guère enthousiasmant : belle occasion d'aller au Fresnoy découvrir un peu la scène montréalaise (jusqu'au 5 janvier; commissaire : Louise Déry). Ou au moins sa composante vidéo et photo, autour des thèmes du reflet, de l'écho, de l'image latente, manquante, celle qui rode... Et aussi du son. La pièce la plus marquante de l'exposition est sans doute cette courte vidéo de l'artiste d'origine algonquine Nadia Myre, qui (sur un tout petit écran) émerge silencieusement du brouillard à contre-jour dans un canoë, forme étrange et mystérieuse qui petit à petit se dégage de la brume, image qu'il nous faut reconstituer patiemment, qui se précise et se compose lentement, interminablement. Quand elle se rapproche de nous, quand elle devient distincte, quand on espère distinguer ses traits au milieu du grain de l'image, elle nous jette un regard qu'on peut supposer indifférent, voire méprisant, et elle s'éloigne d'un coup de pagaie. Le film recommence alors et nous replongeons dans une méditation embrumée. C'est d'abord un travail politique, sur le point de vue ethnologique et l'image préconçue des premières nations (comme on dit au Canada), mais c'est aussi un travail poétique sur l'apparition, le reflet, le non-vu. À suivre.

Source: http://lunettesrouges.blog.lemonde.fr/2013...

GLOBE AND MAIL ‘EXPLODING THE BOX’

 

The knock on Sakahan – Algonquin for “to light a fire” – will be, of course, that it ghettoizes “aboriginal” or “native” or, as the National Gallery of Canada prefers, “indigenous art.”

If so, it’s a mighty capacious ghetto, not just for Sakahan’s stature as the biggest single exhibition in the NGC’s 130-year history (more than 150 works! 80-plus artists!) but for its scope (art from 16 countries on six continents, including India, Taiwan, Brazil and Mexico) and, most importantly, the astonishing variety of art presented, most of it made in the past 10 years.

This isn’t to say Sakahan stints on depictions of the myriad, often cruel legacies of the heritage that has shaped most indigenous societies since their initial contact with European colonizers.

For that, look no further than Nadia Myre’s interpretation, in beads of bloody red and white, of the first five chapters of Canada’s Indian Act.

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